janvier 24, 2006

laguna tacarigua

Hola amigos!
On planifiait de trouver enfin les plages paradisiaques d’Higuerotte (voir carte si vou avez de bons yeux), car on les avait un peu loupé la dernière fois en atterrissant sur une plage sale et quasi bétonnée en pleine ville.

Cette fois ci, en arrivant à Higuerotte on s’est encore loupé, lors de la correspondance du bus on est grimpé dans un bus nous amenant à environ 30 bornes de l’objectif, dans le lieu dit « Laguna Tacarigua ». En arrivant dans le village, après 4h de bus au total, on se pose sur une banale plage vénézuélienne, avec sable blanc ultra fin, cocotiers en abondance, mer des caraïbes à 28 degrés….on connaît maintenant. Sur la côte, on observe une compagnie d’authentiques pélicans, qui squattent ce qui ressemble à une petite crique, alors on se rapproche un peu plus près pour voir ce qui se passe. Plus on avance, plus la mer entre dans la côte, et on fini par découvrir une sorte d’embouchure de fleuve d’environ 150 mètres de large et qui s’étend à perte de vue en nous interdisant l’accès au reste des plages : c’est la laguna tacarigua. Comme son nom l’indique, s’est une lagune où la mer entre dans les terres, pour former à son départ, une sorte de fleuve communiquant avec la mer, et évolue en lac gigantesque orné de petits îlots de sable et de végétation, le tout bordé par les maisons des pêcheurs et palétuviers couverts d’oiseaux divers (chaque espèce a son arbre favori, les flamants roses par là, les pélicans par ici, etc…). Plus loin dans les terres, la lagune deviens un labyrinthe aquatique pour former 70 kilomètres carrés de parc national sauvage où seuls les barques de pêcheurs peuvent y accéder.


Assoiffés par tant d’émotions, on décide de rejoindre la posada de Carlos, un aimable bonhomme de 50 ans, chaviste pur et dur, qui nous avait interpellé lors d’une correspondance de bus avant d’arriver à tacarigua. Le type nous avait promis l’hospitalité gratis, ça tombe bien on n’a plus de tune, et c’est donc bien volontiers que je pousse son fauteuil roulant (le monsieur est tétraplégique) jusqu’à la posada. Sa baraque a une vue imprenable sur l’embouchure de la lagune, on boit des bières polar en parlant de Chavez , du pas gentil gouvernement ricain qui a fait beaucoup de mal au vénézuéla, et de la région bien sûr. A ma question un peu naïve : « est ce qu’on peut traverser l’embouchure de la lagune à la nage pour rejoindre les 20 kilomètres de plage sauvage qui se trouvent de l’autre côté ? » le monsieur me répond que, du fait des courants marins puissant qui ont tué plusieurs dizaines de personnes, et de la présence des caïmans de 3 mètres dans le caño juste en face, c’est pas très prudent. . on dormira par terre sur un matelas de la seconde guerre mondiale, avec la charmante compagnie de ses deux chiens, des criquets hurleurs, des cafards géants, et, cerise sur le gâteau, un nuage de 300 moustiques. Cela me vaudra environ 74 piqûres rien que dans le dos, heureusement que j’avais mis la pommade anti moustiques « 5-sur-5-tropical-ultra-protection », sans ça, j'étai bon pour 2000 piqures. Après une nuit réparatrice de 3 ou 4 heures, on est debout à 6H du mat, on profite du levé de soleil sur la lagune, une lumière hallucinante, paysage lunaire ou d’une autre planète, et la compagnie de la faune maritime oiseaux multiples et poissons qui se réveillent en s’agitant à 20 mètres de notre tente qu’on a installé en pleine nuit tellement on se faisait bouffer par notre nuage de 300 moustiques.
Comme on a pas assez de dinero pour payer une bouteille de rhum, salaire minimum pour une barque de pêcheur et son chauffeur, indispensable pour faire un tour dans la lagune, faut trouver un moyen d’occuper cette matinée. Béran fait des aquarelles et moi, je ressort ma fidèle canne à pêche, qui n’avait guère pêché que dans les rivières vendéennes jusqu’à lors, et qui n’en croit pas ses anneaux de se retrouver au vénézuéla, au bord de cette lagune paradisiaque. La canne, tendue en plein milieu de l’embouchure, les poissons vénézolanos sont combatifs, mais le « Bagre » de 40 cm, sorte de gros poisson chat de mer pouvant arborer des rayures comme un zèbre, se retrouve sur le sable en quelques secondes. C’est un bon coin, ils sont bien loins les rires moqueurs des potes lors de mes plus terrifiantes bredouilles, Mamarc, Ludo et Pingusmikimus en tête. J vous hait les mecs.
Heureusement pour la faune aquatique, le massacre est évité de justesse car on doit rentrer à Caracas, la journée s’annonçant vraiment pluvieuse (c’est ça l’hiver au vénézuéla).
Donc, avec une pluie produisant 10litres de flotte au mètre carré, pas de regret de retourner à Caracas, bonne vieille capitale, avec la certitude de retourner sous peu pour decouvrir plus profondément cette chère lagune, avec une pluie d image, pour vous chers amis...

Siempre a su ordre,
beber et beeran