février 26, 2008

Cairo... You re welcome !!!!

Salam Aleikoum… Aleikoum asalem wharrrllahrrrmed alla wé barakato…
Cairo donc, an other time…





















Le transport routier en mode rallye..
Tout commence par « une course poursuite avec personne » sur la route entre Ismailia et Le Caire. Nous profitons d’une voiture du projet qui doit aller au Caire… Mais nous ne savions pas que ce chauffeur était plus fou que les plus fous… Mais que dire… On passe entre deux voitures, fais du 130 sur la route (qui n’a rien de nos autoroutes), puis on se perd au Caire (bien sur le portable à la main et même pas il ralentit). Sur les ponts géants genre autoroute au milieu de la ville, il arrive même à nous faire une marche arrière de plus de 100 mètres à côté un policier qui trouve ça normal… On arrive entier, el amdullah, heureuse de descendre… Mais où ?? Nos deux compagnons étant en retard cause portable et donc loupage de sortie ils nous lache sur « la corniche » du Caire, en nous montrant la direction d’un geste, « genre c’est par la »… Si Habiba savait ça… Mauvais pour eux…
















Le coin des ferrailleurs…
On se retrouve donc au milieu de rien, en sachant plus ou moins ou nous étions mais sans trop de conviction… On se trompe donc de rue, et de rue en rue, on s’aperçoit qu’ils ne savaient pas vraiment où ils nous avaient déposées, ou alors ils s’en foutaient… Nous trouvons donc notre chemin grâce au routard et la direction à prendre… Ouhai, mais là, il nous faut traverser l’équivalent de 4grandes routes, ce qu’on peut équivaloir à nos maréchaux parisiens (entre maréchaux et périf pour la vitesse…)… Bref, un espèce de nœud comme l’araignée de Caracas, ou ça passe en haut, en bas, dessous, ça tourne… Comment tu passes de l’autre côté ?? On s’enfouit dans une petite rue en contournant un nœud… Et on se retrouve dans un autre monde, de l’autre côté des façades propres vers l’hilton et la corniche… Ici, ça sent le vieux, la poussière, la chicha à plein nez aussi… Comme caché derrière « l’autoroute », la vie du peuple, ça grouille, ça bosse, y’à même les chèvres, les vieux, les gamins… On hésite un peu à aller plus loin, le chemin se fait serré… Les gens qui fument se marrent, ne voyant jamais au grand jamais d’étranger la valise à la main passer par ici, c’est comme un autre Caire… Puis un homme vient nous voir et nous prend presque par la main… Il nous guide et on s’enfouit entre la pente de l’autoroute et les immeubles de plus en plus dégradés, entre une odeur qui rappelle le métro de Panam et la poussière noir.. A ok, on est dans le coin des ferrailleurs, y’ à de tout, de la tôle, des rétros, des pneus…. On avait pas vraiment le choix, et suivre ce gars était une bonne idée… Un mec bien, qui nous à menés jusqu’au bout… A Caracas je ne l’aurais pas suivi, c’est sur, mais, la c’était comme le vieux sage, la famille… C’est ça qui est beau en Egypte, cette façon de t’aider et de ne pas risquer de problèmes…(petit passage rassurant dédicacé à la famille… On est pas folles, vous savez bien, et j’ai survécu à Caracas sans soucis… Alors)

Bref, on regagne une route « normale » sur deux niveaux aussi, genre sous un autoroute aérien… Une pollution de fou, un trafic monstrueux… Marchons !!! et sortons de ce bordel…. On traverse, on déambule sur la route comme tout le monde (tu es obligé car tu es mobile, le trottoir, c’est fait pour les commerces ou regarder les vitrines)…
Ca y est on sort de ce bordel, on respire, on pose le tout à l’hotel… Et on hallucine… C’est une ville vraiment folle Le Caire… La voiture reine de tout et le piéton qui risque sa vie dès qu’il veut traverser…

Zamallek, finit la bouya…
La suite du voyage est moins trash et plus zen pour les poumons… Grande ballade à Zamallek, sur l’île huppée du Caire, entre parcs payants et constructions plus raffinées, moins de pollution, pas de « pauvres », pas de cafés à chicha non plus, pas de cafés du tout d’ailleurs, ou alors, super cher… On achète donc notre matos à maquette, de la terre pour faire les maisons d’hallus avec les habitants… Intéressant de voir des parties du Caire si différentes. Et un peu de calme fait du bien… Un bon resto le soir pour finir en beauté avec la ptite bière qui va avec… Ca sent les vacances…

« Visite » du quartier populaire d’Imbaba



















Le lendemain, le programme est quelque peu différent. Nous devons rencontre une chercheuse française qui travaille sur les quartiers populaires du Caire depuis des années… Elle nous fait une présentation rapide sur ces quartiers, sur son travail, nous rediscutons d’El Hallus et de mon projet et nous partons dans l’un des quartiers où nous attend une habitante qui va nous guider et nous expliquer le développement, la vie, les particularités. C’est très intéressant car, même si la condition des quartiers populaires Cairotes sont différent de ceux d’Ismailia (capitale oblige et Cairo étant « un monstre urbain »), on y retrouve des problèmes communs, et surtout on peu imaginer facilement le développement futur d’Hallus… Ici, l’urbanisation n’est pas du squatte contrairement à Hallus, tout s’est développé sur des terrains agricoles… De ce fait, des rues hyper serrées, de 2,50 mètres de large sur 5 ou 6 étage et un tissus filandreux… C’est immense, et tout est dans l’ensemble très bien construit..















On fait donc notre visite dans un « touc touc » (genre de moto à trois roues que l’on retrouve généralement en Inde)… Normalement, ce mode de transport collectif (3- 4personnes max) est interdit en Egypte et n’est pas réglementé (genre licence de taxi) du coup, ils restent dans les quartiers populaires ou il n’y pas de control, et où c’est bien pratique pour les rues étroites et dégradées… On assiste à une bagarre pour du pain (coupe coupe à la main, c’est chaud), et après avoir admiré les cultures de tomates presque à même l’égout (ça fait réfléchir sur ce que l’on mange, même état qu’Hallus), on repart..

Souk toujours..
Ensuite on souk…. Les « you’re welcome » tout le temps, le bordel ambiant, les tonnes de bric et broque, foulards et autres plateaux… Ca brille partout, ça se bouscule, le souk quoi… 2 à 3 heures, dans ces ruelles à voir des milliers de fois les mêmes choses, les mêmes bijoux qui brillent plus les uns que les autres, façon « Carole Bouquet »… Et retour à l’autre Zarhma, les avenues, les rues… Avec Tiphaine, on fait tout à pied, jusqu’à n’en plus pouvoir et prendre un taxi… On commence à connaître de nombreuses parties du Caire et à trouver les solutions les plus simples et sûres pour traverser… Re resto et re bière, allez, lachons nous on retourne au taf le lendemain et Ismailia, c’est super calme…
Tiphaine qui prend la pause carole bouquet...


Pas de conteur de vitesse dans un bus… Ca ne sert à rien de toute façon…
Le lendemain, après quasiment une heure de marche dans la ville, petite ballade dans le quartier Islamique du Caire (lieu où l’on trouve des mosquées à perte de vue), une « promenade architecturale »… Allez, on en peut plus du Caire, super fatiguées, on repart pour la station de bus direction Ismailia… Mes progrès en Arabe et l’apprentissage acharné de Tiphaine nous valent de négocier assez bien les prix avec les taxis, de nous faire comprendre facilement pour les destinations et même de comprendre nos places dans le bus (je sais lire les chiffres)…
Un retour sur les chapeaux de roues… Vraiment les chauffeurs sont fous en Egypte… Pire qu’au Venezuela j’crois (si tu enlève la coca et le taux d’alcoolémie, ils doivent en boire du thé !!!)… On était vraiment pas rassurées comme tout le monde d’ailleurs, au points que les voyageurs ont fini embrouiller le chauffeur à cause de la vitesse… Ca gueule de partout, jusqu’à ce qu’un voyageur descende à un péage… Pour finir et heureusement en ville, un pneu crève…. Ca « rassure », la seule chose qui te tenait c’était de garder confiance avec la machine et son entretien… Bon on arrive entières…






















Allez, retour aux choses sérieuses, on à tout le matos pour faire une maquette avec les femmes.. Une maquette qui redessine l’histoire du village…. Carton de récup pour les pentes et argile pour faire les maisons… On vous tiens au jus concernant cela. Tiphaine, m’a appris la 3D autocad… Attention décollage immédiat vers « la modernité »… Une 3D du village pour l’amie et moi, mon premier vrai plan photoshop avec des couleurs… Si si, c’est vrai… Un grand moment que de réussir à me motiver pour la machine et à la rendre agréable… C’est comme l’anglais en fait, c’est pas si indigeste…


















Inch allah, ashufaq tani… (à bientôt)
Biroun et Tiphaine (Tifanie en Egyptien)

février 18, 2008

Changement de cremerie

Bon si on reste un mois de plus, ils nous construisent un Hilton a Ismailia...
Tiphaine est la, j ai fais mes preuves... un peu de freedom alors... et pas n importe ou... une villa plus grande que 10 fois notre apart a panam... la terrasse fait la meme taille en fait. comme des princesses... Amis de la percu, on pense bien a vous... on imagine volontier une session vu sur le canal...
Moi qui nous chercher une solution la moins cher, meme un apart a Hallus ce qui aurait ete top pour l insertion et l immersion... Finalement Habiba nous prete sa maison de week end...Vraiment cette femme est super sympa... Vu sur le canal de Suez et ses bateaux hors d echelle... et puis un peu plus de liberte... Elle nous rejoint bientot au rez de chausse ( villa 3 etages)
je me debrouille de plus en plus en arabe, et Tiphaine si met aussi, a grand pas...
















































Le foul.... traditionel et une vrai culure en Egypte... Base de notre alimentation, comme tout le monde ici.... Jamais sans mon foul..







Bilan d un premier mois

Bilan d’un premier mois
Un mois déjà, à mi chemin donc… Un point s’impose et écrire ça fait du bien. Qu’est je fais de ce mois, compris (je ne vais pas reprendre les anciens écrits) et vers quoi je vais… Un mois de plus donc et avec l’amie Tiphaine, passons à autre chose, une nouvelle étape, de nouvelles questions, d’autres pratiques…

Concernant le travail, ce fut je pense très intéressant de vivre chez Habiba (la chef du projet). J’ai pu creuser des discussions et des thèmes qui m’auraient été impossible d’aborder à l’office. Parler réellement politique et sans retenue (Moubarak, politique de développement), UN habitat et allez plus au fond concernant leur projet. Aussi, j’ai pu ainsi rencontrer et tisser des liens avec deux types de population, voir trois même, « pauvres », « classes moyenne » et « riches ». Vivre avec eux, partager les repas, l’ambiance familiale et même les séries « novelas » super inintéressantes ou les débats télévisés en arabe où je cherchais à comprendre le sens…

Ce premier mois de travail de terrain s’est divisé en trois. En gros, un mi temps entre le village et l’office et les week end à la casa afin de « faire des points », écrire et évaluer, bosser sur plan.

I. Travail de terrain, El Hallus
Organisation et analyses

Des objectifs chaque jours fixés et donc un regard différent à chaque visite pour éviter de se perdre dans les tonnes d’informations qui nous sautent aux yeux en même temps. De ceci découle à chaque fois de nouvelles questions et de nouvelles pistes de recherches. Je suis assez contente de cette « pseudo organisation ». Ca m’a permis de faire évoluer mon regard de manière « chronologique » en partant de différentes échelles de réflexion. Partir d’une échelle assez grande qui concerne finalement la ville et sa politique de développement urbaine pour resserrer les focus. Je pense que de cette manière, beaucoup de choses coulent de sources. En resserrant la vision de la ville au village en passant par les chemins agricoles et cultures alentours, puis aux rues principales, puis aux rues secondaires, puis aux rues attenantes à ces rues. On s’aperçoit de la « hiérarchisation » des espaces, des rues, des pratiques des habitants, des différents types d’habitats et des modes d’habiter et enfin du « type » d’habitant. Aussi, cela m’a permis de différencier les trames et formes urbaines, le découpage des parcelles ainsi que leurs tailles, leur statut foncier aussi.

De tout ça découle également des « impressions », des sentiments par rapport à l’espace, aux habitants du « coin » dans le quel on se trouve. Car ce « village qui se transforme » a plusieurs visages, plusieurs pratiques et plusieurs types de population tout en sachant que cette diversité forme un tout. On retrouve donc par endroit des « poches » villageoises où «on vit comme avant » et en famille, dans les maisons de terre ou basse en briques crues avec des jardins et des espaces ouverts qui accueillent les activités ménagères entre autre, et puis on retrouve le visage du quartier urbain avec toutes ces caractéristiques qui possède une population plus variée (même si la famille reste la famille), avec des situations de rues diverses, de très serrées à plus de 6 mètres et des hauteurs de façades qui ne cessent de croître.

Relevés
Par ces différentes visites et objectifs, j’ai donc faits des relevés : de hauteurs, de commerces (ouverts, fermés, potentialités d’ouvertures ou pas, commerces « informels » à même le sol), du type de construction (mud, poteaux poutres/briques, briques crues), des ruines, des déchets, des nouvelles constructions, des chemins agricoles ainsi que canaux d’irrigation et découpage agricole (ce dernier reste approximatif car trop difficile cause chiens avec des têtes pas très clean genre bien malade et pas l’air sympa… et cette grande question… Fî kleb ? (Y a-t-il des chiens ?) Ok on fait demi-tour… Finalement, les chiens me font bien plus peur que les rats… Mafich mouchkila… Des caractères villageois ou plus urbain, des liens entre les gens (regroupement familiaux), des pentes…. Bien sur le travail de tout le groupe de l’an dernier me sert de référence et les documents du PSUHB également (je fais des allez retour) mais en un an, beaucoup de choses ont évoluées et les relevés et infos du projet sont souvent faux. Donc je re-check…

Rapidité de transformation…
L’un des points qui me choque le plus est la rapidité de construction et de transformation spatiale voire environnementale en Egypte et plus particulièrement à El Hallus. Les gens construisent en une semaine… Les muds sont détruits dans la journée… Concernant une maison de terre, je l’ai vue se détruire en 1 jour, puis deux jours après fondations, puis trois jours après le rez de chaussé, puis 3 jours après, un étage…. C’est hallucinant. Aussi la gestion et l’évacuation des mud détruit… Les habitants payent une entreprise avec pelleteuse 100 LE/heure (+-100fr l’heure) pour évacuer les gravats, « oui mais vers où ? »… « Bah, ça je ne sais pas, ça ne me regarde pas. Il l’emmène vers un coin spécial… » me dit Marfouzah. Ouhai… En fait, le coin spécial est une route immense entre Hallus et la zone touristique, zone de notre nouvelle villa de princesses genre vacances (vous souvenez vous l’an dernier, cette fameuse route où au bord, on à vu la carcasse de chèvre morte, on se demandait de quoi…. Ben tout ces gravats sont entre autre le lieu où on entasse les reste des ruines d’El Hallus…) Bref, un coin spécial comme ils disent. Mais concernant ces déchets il y a plus grave. En une semaine, j’ai vu la transformation d’un ancien champ de culture agricole (que le proprio avait défriché en vue de le transformer en constructible) en déchèterie… En quelques jours donc, de nombreuses charrettes d’ânes remplies de déchets de muds ont étés entreposées là pour « pourrir » le sol, les nappes et prouver au ministère de l’agriculture que, pauvre de lui, cet homme ne peut rien faire pousser sur ses champs, donc il doit construire pour survivre… Technique facile et prometteuse vu la rapidité des démolitions et des transformations de terrains agricoles… Et puis, c’est plus près pour les charrettes, avec quelques bakchichs, « tout le monde y gagne ». En un an, le changement est certain, et il flotte dans l’air ambiant d’Hallus un parfum (l’odeur réelle n’a rien d’un parfum) de transformation, de changement et de mouvance… Le village est en chantier, partout, les toits, les muds, les étages, les routes, les égouts…

« Entretiens »
De nombreuses discutions aussi avec les habitants, toujours autour d’un thé (faut savoir prendre le temps), c’est souvent à ce moment la que « la confiance se crée » et que l’on peut aborder des thèmes un peu gênants comme le revenu, de quoi ils vivent, pourquoi ils sont venus là, quand comment, pourquoi, d’où, avec qui… Et de comprendre aussi leurs intentions futures, notamment pour les propriétaires de terrains agricole : « Imaginons que vous puissiez construire… Vous préféreriez vendre ou continuer de cultiver… Oui, je sais, la loi ne le permet pas mais imaginons… » En fait, les gens que j’ai rencontré ne sont absolument pas au courant que d’ici quelques mois (inch allah comme on dit ici, car les mois peuvent être très longs en Egypte) le « Kordon » urbain doit inclure leurs terrains agricoles et donc rendre possible leur urbanisation (sous condition bien sûr). Aussi, c’est assez paradoxal, car concernant l’extension possible (genre imaginons), ils te disent tout le temps que c’est interdit, que la loi ne le permet pas donc que ce n’est pas possible et que cela ne se fera pas mais ils sont squatteurs à la base et se sont installés là illégalement…

Aussi, comment ces habitants perçoivent ils ce projet de régularisation, de pose d’infrastructures, de changement foncier ? Peuvent-ils racheter « leur » terrain au Gouvernorat, ont-ils les moyens financiers, quelles sont leurs perspectives ?
Toutes ces questions préalablement citées ne sont pas faciles à poser et les informations sont souvent dures à obtenir vu le contexte actuel et bien sur, vu mon contexte de travail… « Mais c’est qui cette fille, qu’est qu’elle fout à El Hallus ? Ah elle est étudiante, et en architecture, Française, mais qu’est ce qu’elle fout à El Hallus ??? Y’a rien à étudier ici… » Pour certains ils ne comprennent pas. Aussi, certains habitants pense que je travaille dans le projet du PSUHB, alors certains viennent vers moi en me disant qu’ils n’ont pas d’argent, qu’il y à des déchets, qu’il faut faire quelque chose… Puis en me voyant, de jours en jours, revenir avec mon carton à dessin, ils comprennent que je ne fais pas le même travail. Certains habitants ont demandé à Abdallah que je ne prenne pas de photos (même si jamais je ne prends de personne dans la perspective), car pour eux, c’est misérable, c’est pauvre El Hallus et ça ne se montre pas. Ok on reste au croquis. Mais de jour en jour, c’est pareil, la confiance se crée. Pour aborder le projet du PSUHB aussi, il faut « y aller avec des pincettes » et contourner la question pour aborder le sujet... C’est très intéressant.

II. Le travail à l’office
Dimension « politique », fonctionnement interne et enjeux…
Ce premier mois, m’a permis de comprendre la globalité des enjeux de ces projets. Le rapport à la politique de la ville et des institutions qui gravitent autour et qui fixent les règles, les objectifs les manières de faire aussi. Et tout ceci s’imbrique et se met en référence avec les anciens projets réalisés à Ismailia, Hay el Salam, Kilo 2 et les autres projets d’Upgrading des villages et quartiers alentours d’Hallus. Je pense que reprendre tout ceci à la base était nécessaire car je n’avais vraiment pas tout compris avant de venir et le voyage de l’an dernier fut trop court pour cerner les réels enjeux et les questions primordiales (du moins, ceux qui m’apparaissent aujourd’hui). Je pense donc qu’une vision plus large est de rigueur concernant El Hallus. La dimension urbaine et le rapport à la ville est à privilégier afin de gérer les problèmes locaux du dit « village ».

Retours à l’office donc, pour la « mise au propre » des relevés, entretiens et infos, et entretiens avec les responsables du projet afin de comprendre la dimension politique de ce projet, les difficultés de mise en place, pour qui, pourquoi, comment, combien ça coute, comment font ils, qu’est ce qu’ils pensent de… Oui, mais si on faisait comme ça ? Et puis tu connais ce projet, là bas ils font comme ça ? J’ai également pu consulter de nombreux documents d’études, d’analyse de projet, chiffres, statistiques… J’ai accès à tous les documents et toutes les informations, ça à du bon d’être étudiante. Aussi, chez Habiba, j’ai pu consulter de nombreux livres de l’ONU qui finalement te « dicte la bonne méthode », comment faire et pourquoi. Des genres de manuels de pratique du développement. C’est très intéressant de voir ces « manuels », ça me fait prendre conscience de la manière dont le PSUHB aborde le projet, les problèmes, les études aussi.


Allers-retours, croisement des données
Aussi, je fais des allers retours incessants de vérifications des informations. Concernant les infos et entretiens au village, je repose les mêmes questions aux responsables du projet et ainsi je compare, vérifie et fais des constats de ce que pensent et savent les deux parties, les professionnels et les habitants. Ceci est nécessaire car la plus grande partie du temps, je suis accompagnée par 3 ou 4 personnes dans le village, mais toujours les mêmes, les « leaderships » mais aussi les plus anciennement installés. Ils ont de ce fait cette « double casquette » d’habitant mais aussi de personne qui gère les problèmes dans le village, de médiateur entre habitant et PSUHB, ils surveillent les travaux et gèrent les conflits liés à la dite « participation » qui est un bien grand mot concernant ce projet, mais qui « fait bien » et qui est nécessaire pour UN. Leur vision est donc parfois confuse du fait de ce double statut, aussi, ils ne savent pas tout mais croit souvent tout savoir. Concernant cette question d’avant départ de savoir si ces personnes étaient vraiment représentatives de la population locale, je pense que dans tout les cas ce sont « des gens du cru » des habitants d’origines qui ont une place sociale importante aux yeux des autres et ceci bien avant le projet du PSUHB. Elles sont très investies et non corrompues (c’est ce qui m’en ressort) donc je pense qu’elles sont légitimes et nécessaires au projet.

III. Mais où va-t-on ?
Je ne reparlerais pas de mes intensions de projets écrites il y à quelques jours, même si celles-ci sont à préciser et à développer (je le fais en parallèle)… Je parlerais plutôt des pistes à suivre pour ces quelques semaines à venir.
Concernant l’extension du village, « réfléchir ensemble »
Repartir « des pratiques sociales et spatiales des habitants » pour comprendre l’évolution physique du village dans le temps, son histoire, afin d’imaginer un futur.
1- Par le regroupement familial dans un premier temps et la formation d’une trame villageoise et de pratiques villageoises. L’évolution de celui-ci. ??
2 - Ensuite, l’arrivée de nouvelles populations originaires de la ville qui bâtirent également en mud, qui transformèrent leur habitat en dur.
3 - Puis par l’arrivée d’autres populations de la ville qui bâtirent d’une nouvelle manière, en dur (béton brique) car bénéficiant de meilleurs revenus et profitant du squat (sachant que la loi de la main mise profite à tous) ou du prix de terrain beaucoup moins cher qu’en ville (situation actuelle).

Comment en est on arrivé à ce tracé, à ce tissu, à ce dessin des rues et à ce découpage parcellaire ? Car on rencontre différentes « morphologies » urbaines, sous forme d’ilots, en alignement sur une rue ou en « ilots ouverts » qui ressemble à une spatialité de village autour d’un espace commun (comme une grande cour). On retrouve aussi des entités, comme des fermes « recentrées sur elles mêmes ». Tout ceci dépend de l’origine des habitants, de leur culture commune de pratiquer l’espace et de vivre en famille. Cela dépend aussi de l’historique « foncier » (même si c’est du squat, certains terrains ont été vendus et découpés dans le temps, ce qui explique la trame urbaine et le découpage parcellaire à l’est). Aussi, la question de la taille et forme des ilots (« anarchique » et de très petite taille concernant la zone centrale habitée par des pêcheurs originaires du Fayoum) et de la dimension des parcelles (très inégale selon les zones et les activités des résidents) reste un thème à approfondir.
Un des objectifs est de comprendre comment cohabitent deux manières de vivres et deux façons d’habiter. Sachant que le tout est en changement. Les habitats déjà en durs sont voués à se densifier d’avantage, les maisons de mud sont vouées à la destruction et à une reconstruction en dur. Mais certaines parties villageoises et souvent habités par les populations les plus pauvres ne peuvent pas construire en dur et pour certaines ne veulent pas. Quel avenir pour ces habitants ?
Marfouzah m’a dit il y à quelques jours : « mais avec toutes tes questions, tu pourrais écrire un livre sur le village et sur les gens, tu veux tout savoir sur l’histoire, l’origine des familles, depuis quand ils sont là et pourquoi ils sont venus, de quoi ils vivent ». Et bien, un travail intéressant à faire je pense, sera de retracer l’historique du village. De son fondement, (comment construisait on ensemble pour les familles, les trames et organisations spatiales ?), à son développement dans le temps avec l’arrivée de nouvelles personnes. Redessiner l’histoire, en saisir les moments importants, pour comprendre le constat actuel afin d’imaginer le futur. Retrouver le développement physique d’un village par le récit de ses plus vieux habitants, et par le croquis, des « cartes mentales » et l’usage de la maquette (juste des volumes de bases posés comme des cubes). Ca peut être passionnant car les habitants que je rencontre (souvent villageois) ont les yeux qui pétillent lorsque l’on évoque le passé, El Hallus avant les tonnes d’ordures, les rats… Du temps ou on ne vivait que d’agriculture, du temps ou la dune faisait le double de hauteur et ou il y avait beaucoup de poisson. Enfin, du temps ou ces femmes étaient jeunes et ou leurs maris étaient encore là (malgré les chiffres de « l’étude sociale » du projet qui ne parle que de 4 %, je rencontre de très nombreuses veuves).

Concernant la densification, la gestion des déchets et équipements, affaire à suivre…
Car le problème de la densification future touche à plusieurs problèmes, le statut foncier (légal-illégal, faut il vraiment légaliser et comment), cela touche aussi au problème du tissu très serré, des revenus faibles des familles, des relations familiales des foyers et de leur origine. Comment gérer cette densification ? Je n’en suis pas là encore, tout s’imbrique et se contredit, j’ai besoin de références et de chercher d’autres expériences je pense car je bloque un peu sur ce point qui me parait pourtant essentiel. Comment intervenir dans un tissu si serré sans pour autant détruire et sans pour autant imposer des gabarits qui seraient discriminatoires pour ces habitants ? Faut-il détruire et reloger ? Faut-il laisser ces trames et chercher d’autres solutions d’« aération » ? Faut-il imposer des hauteurs maximum ? Je reste muette pour l’instant et j’avoue un peu perdue… Car il faut remettre ces données dans un contexte de « quartier ou village populaire et irrégulier », et dans un contexte d’urbanisation « à l’Egyptienne » hyper dense et ruelles sérrées… Et puis c’est aussi la première fois que je touche à ce genre de problème « le statut foncier ».

Concernant ces points, je reposte bientôt inch allah…
Ma salema amigos… Ashufaq tani (à bientôt)

Photos du Caire

Batiments et architecture dans le west el balad... centre ville du caire...
je vous laisse apprecier et commanter... ce blog m est un temps immense acharger les docs...
Photos car 2 jours au Caire pour choper Tiphaine... a l aeroport, 6 heures de retard greve oblige.. vers 1 heure du main










ismailia, bateau sur lac et foottttballll en vrac

joueur de simsemilia... jour de vacance, interdiction de bosser par le chef Abdallah
et le centre ville, west el balad
































barque su le lac timsah, by night
















vin egyptien... equivalent en gout a nos pinard de +- 5 euros



el la victoire... l egypte en feu... match chez abdallah










































février 08, 2008

aquarelles

Salam, quelques aquarelles, du paysages de l office et d El Hallus...
c est mieux que des photos non ??


























Abre brecha comme disait Ali Primera

Une brèche s’est ouverte…

Aquarelles :
Première aquarelle à El Hallus et premier déclique. Habiba à adoré le dessin (les dessins) et m’à demander d’en faire d’avantage, d’El Hallus et d’El Bathimy… En fait, ils vont publier un livre concernant le projet, leur expérience et le fonctionnement avec ONU Habitat. Elle est très intéressée pour y mettre mes aquarelles. Elle m’a donc « passée commande », OK, bon deal et motivant pour la production. Les gens qui m’accompagnaient ce jour là étaient très intéressés aussi et trouvaient que les dessins revalorisent l’image du village. Bref, beaucoup de dessins en perspectives.
Concernant notre travail de l’an passé, elle me demande de lui sélectionner des images et bout de nos études pour le mettre dans ce livre… A discuter avec les coordinateurs de tout ce travail, professeurs from France…

Contacts et connaissances :
Aussi, en février, une délégation d’UN Habitat de Nairobi fait le déplacement à Ismaïlia pour des réunions et échanges d’expérience. Bien sur, avec Tiphaine, nous serons présentes aux réunions. Aussi bien pour moi que pour la chef, Habiba m’a demandé d’écrire un mail au « big boss d’UN Habitat moyen Orient » qui travail à Nairobi. Le but est de lui expliquer mon travail ici, la venue d’une étudiante pour son diplôme et tout le travail fait avec l’école d’architecture l’année passée. En gros l’intérêt d’une école d’archi Parisienne pour ce projet à Ismaïlia. Pour elle, c’est très intéressant et important de mentionner notre présence et nos études. Elle cherche à le faire venir à Ismaïlia pour me rencontrer et pour qu’elle puisse le rencontrer, il est surbooké. Aussi bien pour elle que pour moi, elle cherche à me faire des contacts avec UN et consultant (politiques). Bon je ne dis rien. Mais pour leur projet, c est pas mal de mentionner notre presence..

Retour sur expérience, Caracas :
Un soir, j’ai réussi à lui placer quelques photos des barrios au Venezuela, parler politique, organisation, mon travail la bas, le mémoire en France… Elle fut plus qu’intéressée et elle m’a demandé de préparer une présentation sur Caracas pour toute l’équipe. Un gros point de gagné… Je crois qu’elle s’est dit que peut être, ma vision des choses pouvait apporter un autre regard… Génial, car le but de ce voyage n’est bien entendu pas de changer leur projet (de toute façon, c’est trop tard) mais le but aussi, et que cette autre approche que peut avoir un étudiant sur une situation (qui justement n’est pas politique et qui n’a pas de grille d’évaluation préétablie par UN Habitat ou ONG…) les fassent réfléchir. Car une chose est sur, la démarche de leur projet, leur production et la vision globale du progrès est calquée sur une vision du Programme des Nations Unis… Les questionnaires qu’ils ont mis en place pour faire les études sociologique, le choix des études (qu’est ce qui les intéressent de savoir), l’interprétation de ces études et l’intérêt réel d’avoir fait ces études… Il y à il est vrai une très forte production d’études. Selon la chef, c’est la plus grosse production d’étude du middle est dans ce type de projet (à mesurer, elle ne va pas me dire, qu’ils ont rien fait…), mais moi, en voyant tout ce travail, le type de questions, d’analyses, je ne comprends pas la transition entre analyse et projet… A quoi, ca à servit ? Dans le projet, tu ne ressens pas (du moins clairement) la richesse qu’apporte ces informations. C’est la ou je dis que tout me semble vraiment politique… Car UN veut que tu pose ces questions et que tu fasses ces analyses pour avoir des sous et rentrer dans la case « bonne pratique », mais le projet, qui découle aussi des priorités d’UN ne tient pas compte (du moins ce n’est pas flagrant) de tout ce gros travail fait en amont… Je ressens cela très fortement, parfois, je ne trouve pas le lien entre études, analyses et projets…

De cette soirée à fini par découler une question cruciale…
En voyant le barrios, auto construit mais sans trop de déchets (comparé à El Hallus), elle me dit : « Mais comment font ils pour les déchets ? Connais-tu des expériences ? As-tu des idées ou des solutions pour El Hallus ? » Ca y est, on touche un point important, une autre brèche s’ouvre peut être… Je lui ai parlé rapidement de quelques exemples au brésil, ou de l’organisation des barrios Caraquenos, du tri et de la possibilité de transformation, de faire de l’argent…
Affaires à suivre donc…
un chaito companeros

Epa el raguil

Salam aleikoum « mi gente » (bonjours mes gens), ou Epa el raguil (Ehhh man)!!!
(J’aime beaucoup le mix, arabo espagnol populo…)

Y’à des jours comme ça, ou il ne se passe pas grand choses… En fait, j’ai l’impression que c’est très fréquent à Ismailia… Bon, c’est juste un rythme différent qui me paraît si lent, si lent… Bref, deux jours passés à l’office sans pouvoir mettre le pied à El Hallus car mon pote Abdallah (il sait dire mon pote Béran), traducteur et aussi bodyguard à « du travail » ou du moins potentiellement du travail… Je bosse qu’en même, sur plans et questionnement au responsables du projet sur le fonctionnement et pleins de détails que je n’avais pas compris. J’en ai également profité pour traduire des rapports sociaux en arabe (revenus, nbres de personnes dans la famille, équipements…). Ce ne sont donc pas des jours perdus, au contraire, mais je suis vraiment heureuse de l’arrivée prochaine de l’amie Tiphaine pour changer le rythme ambiant des journées, et passer à une autre phase de recherche, de production.
Allez, j’en profite pour raconter un peu ces gens, ce projet, l’occupation des uns et des autres, et toutes ces choses auxquelles il faut s’acclimater, accepté pour comprendre au final.
UN HABITAT écrit partout, sur chaque porte de l’office. Les rencontres au Caire, les personnes reçus dans les bureaux de la chef, cravate, costumes et how are you ??? Mais pas que cela. Les habitants parfois, pour une requête, demander de l’aide…Je me rends compte que la chef qui à des tonnes de relations hauts placées et « amis de la bonne classe Egyptienne» vie vraiment dans un autre monde. C’est pour ça d’ailleurs qu’elle est vraiment flippée de tout…

La « flippe ambiante »…
Allez dans le désordre, c’est très drôle mais super oppressant parfois. Elle flippe du gaz quand je me fais un thé, du gaz quand je prends une douche, d’une porte qui resterait coincé parce qu’elle à un problème, du fait que je suis peu être morte car je dors un peu plus tard (ahhh, c’est le week end, et je n’ai rien de spécial à faire) elle me réveille du coup… Au fur et à mesure je lui ai parlé de Caracas, du Venezuela, des flics, des voyages et du travail dans le barrios. De la vie du barrios et de nos quartiers populaires français, de notre quartier, château rouge et goutte d’or… De la vrai vie d’une fille de 26 ans (qui n’en à pas 14) qui se débrouille dans la vie, sans être folle ni inconsciente, mais qui sait prendre un taxi, se faire griller du pain et qui n’a pas peur de cette Egypte si tranquille et vraiment sure… Je l’ai fait flippée avec mes histoires et prendre conscience que ça va, moi je ne suis pas flippée ici. C’était un peu fait pour… Ca l’a beaucoup intéressée aussi, la condition des « slums » comme ils disent (bidonvilles) en Amérique du Sud, la précarité en France, les gens dans la rue, les squatteurs sans papiers de notre rue, les gens de l’est et leurs toits de fortune sur Paris, les tentes sur le canal de l’Ourcq et les politiques aussi... Et « notre » Sarkossssssii.
Un détail vraiment drôle de « sa flippe ambiante » m’a quasiment fait explosée de rire, j’ai vraiment faillit ne pas pouvoir me retenir… Sur le canal Français, à l’heure de la météo, je lui montre ou est mon île et là, elle prend conscience et me dit « oh, but it’s very dangerous, there are watter around… Very very dangerous… » Là, je me suis dis qu’c’était un gag…
Enfin, je peu comprendre. Quand ton chauffeur t’emmène à droite et gauche, du point A au point B, que le monde dans le quel tu vis (je ne parle pas du travail) est bien loin de la réalité sociale d’une grande partie de ce monde, tu peux finir flippée de tout.

Les gens…
Concernant le travail, il faut dire qu’il y à une forte production d’études et un grand chemin à été parcouru. Tous les « statuts » s’empilent, et chacun joue un rôle différent dans l’équipe. Mais tout passe toujours par la chef, réunions et entretiens, coups de gueule (toujours de sa part, je précise) et coups de fouets (ça doit parfois faire du bien quand même). Elle est hyper active, très engagée, à 400 % et très présente.
Il y’à donc les « sous chefs » spécialistes de l’aspect social et urbains, les dessinateurs architectes, les comptables, les chauffeurs, les gens qui peuvent faire pleins de choses et la plupart du temps rien (car y’à souvent rien à faire) et les gens qui font le thé… Je m’entends évidemment très bien avec tout le monde et ils apprécient beaucoup mes efforts en Arabe. J’ai juste repris un des chauffeurs un jour (en rigolant bien sur) qui commençait à m’appeler Miss Béran (car la chef, ils l’appellent tous miss Habiba)… Je lui suis dis non !!! Moi, c’est Béran… Et Deluc, c’est sans particule…
Je bois mon thé avec les « servants » (comme on peut les appelés ici). J’apprends beaucoup l’arabe avec eux, surtout avec Omm Ahmed (Omm = mère, en Egypte on appelle souvent quelqu’un en disant, c’est la mère d’Ahmed, ou le père d’Ali = Abou Ali)… C’est la « chef » du thé. Je m’assoie avec elle dans leur petit cagibi/cuisine et elle me montre les objets, on se comprend quoi. Au début, ils ont hallucinés de me voir m’assoir là, et puis maintenant, c’est un rituel, je prends un café avec Omm Ahmed chaque matin et je lui dis mes quelques nouveaux mots ou phrases. C’est bien entendu des petits jobs et petits salaires, mais c’est toujours du travail, surtout quand tu n’a pas beaucoup d’éducation. Tout le monde les respectent, les considèrent et les apprécient aussi, c’est donc un bon job pour eux.
Concernant les gens qui font tout et souvent rien, comme mon pote Abdallah, en fait ils attendent que la chef leur donne du travail. Donc ils sont trois ou quatre parfois, toujours présent mais avec très souvent rien à faire. Tant que la chef est au bureau, tout le monde est la. Ils ne font rien et attendent. Si elle reçoit un ami, ils attendent, tard le soir, le week end…. Y’à 2 ordinateurs pour 3 ce qui n’est pas pratique… Un jour, j’ai cru que la fille en face de moi nécessitait un ordi pour faire son taf, mais Abdallah jouait à ses jeux informatiques, je me dis, « p…. il est gonflé le chamo », donc je lui propose mon ordi mais bien sur c’est en Français donc je connais la réponse… C’est à ce moment que j’ai compris qu’en fait, elle n’avait rien à faire, ce n’était pas un problème logistique… Donc elle attend, que le temps tourne, que la chef décide de partir…Ca doit être assez dur psychologiquement parfois, d’attendre et ceux tous les jours. Demain sera pareil et après demain….
Quelle chance d’avoir un travail passionnant, un truc qui te colle au corps, qui te motive à te lever le matin, qui te donne envie d’aller plus loin et qui te dessine un avenir, proche ou lointain. Vraiment ici, ils remercient dieu pour tout, moi je ne sais pas qui je dois remercier, la famille pour sur et ceux en premier, mais une étoile peut être aussi, ou quelque chose qui y ressemble… Pour Abdallah, je dois y méditer… Qui, quoi, pourquoi ??? Bref… Je reviendrais peu être convertit…
Ma salema el sadiq (ca veut dire ami, oui, je sais, c’est bizarre comme traduction…)
Birooounnnnnn

février 03, 2008

orientations de projet

Pour ceux que ca interresse, c est un peu lon, c est vrai... trois message coup sur coup sans images, c est peu etre un peu indigeste pour vous pauvres lecteurs...mais moi, ca me fait du bien d ecrire ca. ca me fait reflechir et poser des idees... Pardon pour ceux qui ne supporte plus qu on parle d archi ( ce que je comprend), ou qu on utilise des termes du genre, urbanistiquement, ou architecturellement, spatialement... ou encore, ca fonctionne... Plus bas, le mess sur le caire ne parle pas trop d archi, promis.. et en plus si vous saviez a quel point c est mort ismailia le week end... alors, je bosse, bien sur, et me defoule sur le clavier... bonne lecture pour les motive...

Concernant les orientations de projet :

Je pense partir avant tout sur le projet urbain et un équipement, oui, peut-être. Je pense que c’est primordial de les planifier en vue du développement futur. Mais en ce qui concerne les ateliers que j’imaginais… C’est un peu délicat car engager des gens dans un processus de réflexion et de décision (je ne parle pas dans l’absolu, même si ça serait l’idéal) alors qu’à leur actuel le SIP n’à plus de fonds ni de temps… C’est pas simple. Je ne sais pas trop où me placer par rapport à cela et comment aborder le sujet. Si c’est pour les faire bosser sur un truc qui ne se fera pas dans tout les cas, c’est pas très clair et honnête. A revoir et à réfléchir. Par contre ce qui serait intéressant ça serait de réfléchir sur la densité et l’espace « publique ». Peut être en maquette. A en discuter aussi avec Ossama je pense concernant « l’après projet », leurs ambitions et idées concernant la suite. Peut être que ça ne s’arrête jamais et que les fonds seront reconduits.

Ca semble bien la fin. Mais dans ce cas pourquoi construire un training center dans El Hallus, juste à côté de l’école (pour les responsables du Gouvernorat qui vont reprendre le flambeau concernant la régularisation, enregistrement etc…)? C’est peut être aussi le début d’autre chose. Ou pour un contrôle. Mais pourquoi le mettre ici, il faut que je creuse..
Bref,

Projet urbain :
Considérant que le projet du Gouvernorat fait partit de l’ « Etat des lieux », (ceci étant, la transformation est bien sur envisageable)
1 - Rapport Hallus/ville et quartiers alentours, extension du village
2 - Gestion de la densification futur du village
3 - La régularisation des parcelles même construites en mud. La question des prix du m2
4 - Gestion durable des déchets
5 - Développement économique
6 - Equipements

1 - Rapport Hallus/ville et quartiers alentours, extension du village
Un premier point concerne le rapport d’El Hallus à la ville et des quartiers alentours sachant que le cordon urbain est en train de s’agrandir et d’inclure ces zones habitées mais aussi les terrains agricoles. Car à quoi sert d’agrandir le cordon ? A permettre l’extension de la ville, non ? Et à changer le statut foncier des terrains vers la constructibilité. Sachant en plus que la route principale d’El Hallus est vouée à se transformer en axe +ou – majeur pour la ville… J’imagine très bien une extension assez rapide sur les terrains agricoles du sud du village (peut être plus rapide que pour le quartier d’Abou Tawa plus au sud, car présence des infrastructures à hallus. Je dois aller voir ce quartier)…
En gros, je pense que les trois quartiers vont finir par se toucher et engloutir les champs… C’est assez logique, car si il y’à extension de la ville, elle se fera dans un premier temps au plus près. Donc Hallus. Mais quoi faire ? Doit-on préserver les terrains agricoles, ou admettre que la zone est en changement, peut être d’ailleurs nécessaire pour la ville. Préserver ou déplacer les terrains agricoles, en reconquérir d’autres sur le désert par la « bonification » de la terre et l’irrigation. En tout cas, ce scénario me semble être le plan du Gouvernorat et du GOPP (planification).
Le grand problème de cette hypothèse, c’est qu’à l’heure actuelle, la loi d’agrandissement du cordon urbain va passer alors qu’aucun plan de développement et d’urbanisation de la zone ne soit sur papier. Le développement sera bien sur progressif et tout les propriétaires ne veulent pas vendre leurs champs découpés en lots pour construire (même si c’est bien plus rentable économiquement, à chercher, le prix d’un terrain agricole au m2 et constructible…). Mais le chemin s’annonce anarchique si aucune disposition n’est prise en termes de voirie, de gabarits et de raccordement par exemple.
Préserver ou accompagner l’extension ? Bien sur, les champs sont aussi une valeur économique locale pour les populations locales et durable. Que la vente…
Je pense que concernant ce thème. C’est intéressant de creuser.
Concernant le rapport du village au lac Timsah, il me semble essentiel de préserver la zone des constructions (au nord d’hallus), aussi bien pour des questions environnementales que paysagères ou économiques. On peu constater que déjà aujourd’hui deux grands terrains agricoles sont vides de plantations, de la terre au sol. Selon Marfouza, le propriétaire veut faire un constat avec le ministère de l’agriculture, tu sais, comme quoi tu ne peu pas cultiver ta terre à cause de tel ou tel raison. Mauvais sol, ça ne pousse pas, ou pour lui, c’est la question des déchets… Il est vrai que c’est la décharge publique la bas. Il y’a donc déjà un processus de transformation sur cette zone. Idem pour deux terrains au sud d’hallus, après la route principale, vers le pont et bras d’irrigation qui l’an passé était déjà dépourvu de ses arbres, cela nous avait questionné. Idem pour les terrains justes à l’ouest d’El Hallus, en bas de la dune. Y’à plus un arbre. Mais ces terrains là, le Gouvernorat veut les garder vierge, en réserve foncière, sans construction. Moi, je pense que justement, si extension il y à, ça peu être intéressant de planifier quelques chose ici. Car il y’à des limites naturelles et de toute façon, c’est la continuité de la route principale. On s’aperçoit d’ailleurs, qu’un petit chemin agricole assure la continuité d’une des routes principale intra village, c’est peu être un signe (je fais un relevé des chemins agricoles, découpage des parcelles agricoles et canaux d’irrigation. En cours). Peut être doit on planifier une nouvelle zone d’implantation sur cette partie. Et je pense aussi à des logements « sociaux » pour les populations qui louent souvent aujourd’hui des muds taudis (j’ai des rapports statistiques qu’à fait le SIP, avec le nombre de location, résidence, d’où viennent les gens, travail, etc… Abdallah va m’aider pour la traduction, tout en sachant qu’il y à forcement une marge d’erreur comme dans tout documents du SIP). Mais bien sur pas dans le « style » des barres qu’ils ont construits à coté de l’école.

2 - Gestion de la densification futur du village
Je pense qu’il faut conserver des espaces libre intra village, genre « réquisitionner » des terrains en ruines ou mud en très mauvais état (compensation d’un nouveau terrain et financière à hallus) dans un souci d’ « aérer l’espace » qui se densifie, à certains ponts stratégique. Car sinon, toutes les rues deviendront passantes. C’est un peu comme créer des places, à la « vénitienne », dans une trame labyrinthique, c’est important de tomber sur des espaces « ouverts ». Car si on imagine les constructions dans quelques années, mêlées à la trame urbaine, tout sera très séré et vertical.
L’extension verticale sur les rues principales n’est pas un problème en sois, mais dans les trames plus serrées, ça va en être un. Comment gérer cela. Les habitats les plus pauvres sont en général dans ces zones, la densification se fera donc moins rapidement (à moins qu’ils ne soit obligés de vendre). Imposer des gabarits est surement une utopie, mais c’est surtout encore plus discriminatoire envers les plus pauvres qui peinent aujourd’hui à voir arriver l’acheminement de l’eau et des égouts car les rues sont trop petites pour creuser les tranchées, et certains entrepreneurs refuse de poser les raccords ici car trop difficile. Je ne sais pas encore comment aborder cette question.

3 - La régularisation des parcelles même construites en mud. La question des prix du m2
La question du rachat du terrain au Gouvernorat pour être légal est très importante. Tout d’ abord, est ce bon de devoir le racheter… Peut être, car si c’était un état de fait, il suffirait de squatter pour être dit propriétaire… Mais peut être pas car « la loi de la main mise » te dit déjà + ou - propriétaire. Dans le cas de la régularisation, pour être légal, ils doivent payer. Les habitants non pas choisit et peut être se moque de l’apport foncier (à creuser)… ça pose plus de problèmes aux pauvres. Car, selon Marfouzah (à vérifier auprès d’Ossama), en vue de la régularisation, le prix du terrain que demande le Gouvernorat à nettement augmenté cette année.
Le prix serait passé de : 6 à 30 LE/m2 si une seule façade sur rue,
8 à 36 LE/m2 si deux façades sur rue,
16 à 50 LE/m2 si terrain sur route principale
Que se passera t il si les gens ne peuvent pas payer ? Et combien coute le prix d’un terrain qui n’est pas encore construit (juste murée pour propriété)?
Si payement du terrain il y à, est ce bien normal de payer le même prix selon le nombre de façades sur rue. Car, OK, la route principale va accueillir de très nombreux commerces (j’ai fait un relevé de toutes les commerces, en activités ou non, potentialité d’ouvertures et immeubles de plusieurs étages vides d’habitants, peut être voués à la location), mais je pense que les 3 voir 4 rues principales du village vont également accueillir des activités (elles en possèdent déjà de nombreuses) et des routes asphaltés. En ce sens, il ne me semble pas juste que les zones enclavées et plus précaires incluent dans un tissu urbain plus confus et n’ayant pas accès aux mêmes qualités de services (routes, égouts, raccords d’eau) doivent payer le même prix du sol que tout autre terrain excepté sur la route principale. Cela aussi reste à étudier.

4 - Gestion durable des déchets
La gestion des déchets doit être un point très important de ce « projet ». Il faut d’abord comprendre pourquoi les habitants jettent leurs ordures sur la dune, et plus particulièrement à l’extrémité Est, où la quantité est vraiment impressionnante. On voit bien que sur cette partie du village, l’habitat est très densifié (construction brique béton) et plonge directement dans la pente sur les champs non exploités. Les seuls accès à cette zone sont très pentus et les accès ne sont pas plus larges qu’un mètre de large. On constate que du coté Est du village, la quantité au nord est moins importante, mais au contraire très importante sur la route principale. Le projet avait demandé aux habitants de déposer leurs ordures sur les bords de la route principale afin que les services de la ville les ramassent plus facilement. Un camion passe tous les matins récolter les déchets au sol, entre les rats qui grouillent, les chèvres et les chiens qui mangent.

Pourquoi coté Est les gens les déposent sur la dune ? Cette zone apparaît comme délaissée et comme une décharge collective. Concernant la question « qu’est ce qu’un déchet pour les habitants », ça vaut le coup de leur demander, mais quand tu analyse la composition d’un mètre carré, tu trouve absolument de tout : Des matières et poches plastiques aux emballages en passant par du papier, des chaussures, dentifrice, vieux vêtements, carcasses et déchets de bêtes ou de légumes… Bref, de tout. Aucun tri ni récupération des déchets alimentaires qui pourraient pour le coup être redonnés à leur bête pour éviter qu’ils aillent les chercher dans les poubelles avec les rats. Une sensibilisation vaut surement le coup car c’est ce qu’il y à manger qui attirent les rats. Un genre de « tri » doit être mis en place.

Aussi, la récupération des coques laissées par terre par les pêcheurs est à étudier. Dans certaines régions françaises, on les concasse et les donnes aux poules, on peut également s’en servir dans la construction et pourquoi pas le transformer pour la création d’escalier dans les zones très pentues.
Aussi, les ruines doivent impérativement être vidées de leurs amas de déchets et il faut empêcher de nouveaux dépôts (même si les ruines sont provisoires). Ceci lutterait aussi contre la prolifération des rats qui sont partout, qui creusent des tunnels sous les maisons en terres jusqu’à affaisser des sols. Ils dévastent tout. Ossama me parle de rats parfois aussi grand qu’un avant bras (et c’est un homme balaise).
L’idée du Gouvernorat est donc d’employer 2 ou 3 personnes d’El Hallus afin qu’ils passent chaque semaine dans les maisons récolter les déchets, pour 2 ou 3 LE par mois pour chaque famille (système qui marche en ville pour 12 LE par mois). Ca peut être une solution.
Sans vouloir calquer 100 % le système de la ville de Curutiba au Brésil, ou d’autres projets notamment dans une cité Grenobloise de récupération des déchets et d’échange contre de la nourriture (à Curutiba : 1 kg de déchets = 1 kg de nourriture), ou de transformation (Grenoble), je pense que vu le contexte économique de la zone ( culture agricole), il serait tout à fait possible d’imaginer un tel système pour toute la ville d’Ismailia. Car bien sur toute la ville souffre de ce problème des déchets (et des rats), et en plus, cela pourrait créer de nouveaux emplois, comme une chaîne, de la production agricole, à la distribution et au ramassage, voir à la transformation… A étudier plus en détail.

5 - Développement économique
De nombreux commerces vont ouvrir leur porte sur les rues principales. Peut être qu’un centre de formation pourrait proposer aux jeunes et aux femmes notamment l’apprentissage d’un métier, notamment de couture et de confection d’objets, de vêtements, comme des micro- coopératives. Aussi, la confection de bateaux peut être un avenir pour le village et les fils de pêcheurs. J’ai recensé 2 constructeurs à Hallus, dont un qui travail sur commande pour les régions du delta et Port Saïd. Peut être une piste à suivre.

6 - Equipements
J’y réfléchit. Une chose est sur, c’est que si la démographie d’El Hallus est vouée à grandir, le village nécessite des structures sociales et sanitaires. Un centre de soin (il faut que je rencontre les responsables actuel du centre existant mais il est très peu ouvert) et une « maison culturelle » ou du moins un « espace communautaire » qui puisse accueillir de nombreuses activités différentes, réunions, ateliers, fêtes et événements culturels. Un lieu d’échange, d’organisation et de construction. Peut être également une salle des mariages, ou alors ce même espace. Tout ceci reste encore un peu vague. Mais je pense que la partie Est du village à une forte carence en la matière. Tous les équipements sont coté ouest.

Voila ou j en suis pour l instant. ma salema
Beran

Quelques notions

Salam.
Juste quelques notions pour comprendre de quoi je parle. Définition à ma sauce, vérification évidente dans un futur proche et chiffres à l’appui, ça serait bien. Je n’est surement pas tout compris et j’imagine que tout est bien sur plus complexe. Mais voici ce que je peu en dire pour le moment.

Le cordon urbain « kordon mabâni »: C’est un périmètre autour ou dans la ville qui permet l’implantation des constructions, genre de zone urbaine ou urbanisable. Dans cette zone, on peut donc changer le statut juridique d’un terrain jadis agricole pour le découpage en lot et vente de parcelles. Dans le cas d’Ismailia, le cordon est en train de s’agrandir (le texte doit passer dans les prochains mois) incluant de nombreux terrains agricoles au sud de la ville dont les alentours d’El Hallus. Dans le cas d’Ismailia, le problème est qu’aucun plan d’aménagement ou de stratégies d’urbanisation n’accompagne cette nouvelle loi. J’ai assisté pendant deux jours à un « exposé » tenu par le ministère de la planification urbaine (grand dirigeant du Caire) destiné aux acteurs locaux du Gouvernorat d’Ismailia et de la ville qui vont donc devoir gérer la transformation à venir. Inutile de dire, que ces acteurs locaux était inquiet de ce qui aller se passer, et comment gérer cette situation.

La loi de la main mise : Je ne sais pas de quand elle date, mais cette loi permet aux « squatteurs » sur terrains d’état (désertiques) d’être propriétaire (même si au final ils sont toujours illégaux… a vérifier) au bout de plus de 15 ans d’occupations. Ils doivent alors prouver (et ça à l’air assez compliqué) qu’ils sont installés ici de puis longtemps et ainsi ne risquent plus le délogement (même si le délogement est assez rare, à part dans des cas particulier, ou alors, lorsque le bâtiment est en construction).

La bonification de la terre : C’est un processus d’irrigation des nappes phréatiques et du Nil afin de « gagner » des terres agricoles sur le désert. Avant les années 1950, le processus concernait la bonification des terres marécageuses dans le delta, puis à partir des années 1960 dans les zones désertiques. ( à vérifier et chiffres à trouver, ref : Fréderique Bruyas). Les zones agricoles autour d’Ismailia et d’El Hallus sont issu de ce processus. Dans le cas de l’agrandissement du cordon urbain sur terres agricoles, le projet du Gouvernorat est certainement de reconquérir de nouvelles terres agricoles sur le désert, plus au sud.

Une loi concernant les « boûr » (terrain non cultivé) : Une loi existe en Egypte pour changer le statut d’un terrain agricole en vu de son urbanisation si il est prouvé que le terrain ne peu être exploité pour tel ou tel raison. Genre mauvais sol, ou dans le cas de certains terrains d’El Hallus pour cause de pollution. Un expert du ministère de l’environnement doit venir faire un constat (bakshish,ou …). Certains propriétaires coupent donc leurs arbres et appauvrissent les sols pour pouvoir changer ce statut.

Statut juridique des terrains : Il existe plusieurs sortes de propriété qui relève de tel ou tel ministères. Il existe donc les terrains agricoles privé (issus de la bonification), les terrains désertiques de l’état (dont le sol d’El Hallus), la propriété privé. Un terrain agricole vaut bien plus financièrement qu’un terrain désertique (chiffres à trouver), c’est souvent pour cela que certains propriétaires des terrains agricoles préfère découper leur champs en parcelle et les vendre (bien plus intéressant financièrement que la culture agricole, à vérifier).

Les différentes institutions : Alors, là j’ai pas tout compris. Mais tout à l’air très compliqué car certains terrains dépendent du ministère de l’agriculture, d’autres du Gouvernorat, d’autres à la ville (c’est pas vraiment le terme). Bref, un terrain peut être en accord avec telles réglementations de tel instance, mais pas en accord avec un autre. A se que j’ai compris, y’a pas trop de ponts entre eux, ce qui crées des discussions interminables et des litiges à n’en plus finir. Les habitants dans tout ça, ne savent plus vers qui se tourner et toute démarche met un temps infini (la encore, bakshish).

Quelques jours au Caire

FREEDOM…. LIBERTAD…. LIBERTEE….
Quelques jours au Caire, ça fait vraiment du bien… Seule, perdue parfois (pas trop quand même). Un peu de piment dans ce voyage ou tout est toujours planifié, étudié (par les gens qui m’accueil et qui m’étouffe un peu aussi) pour que jamais au grand jamais il n’y est de problèmes….
Bref, quelques jours sans mon « bodyguard » Abdallah, sans le chauffeur, sans les gens qui me préparent le thé tout les jours et sans la chef Habiba qui veut savoir où je suis et si je n’est besoins de rien toutes les 10 minutes… Ils sont tous adorables, mais quel bonheur de m’échapper…

Cairo, ville de fou de plus de 16 millions d’habitants, selon les chiffres, parfois on dit 18 millions… On dit aussi que c’est une des villes les plus denses du monde… Je veux bien le croire.

Je ne suis resté que dans le centre « west el balad » et même pas fait un souk, ou un peu de tourisme.. Objectifs de ces quelques jours, rencontrer une chercheuse française qui à fait sa thèse sur la question des quartiers illégaux du Caire et des politiques Egyptiennes face aux problèmes urbains de ces quartiers ; consulter des thèses et articles (en français) dans un centre de doc qui abrite des chercheurs (je résume vite fait)… Donc le nez dans les bouquins pendant 2 jours et discussion plus qu’intéressante avec cette femme. Bien sur, t’as qu’une envie la bas, c’est de te jeter dans la rue et d’absorber les ondes… Mais ça sera pour une prochaine fois. Avec l’amie Tiphaine je pense (elle arrive le 12 février inch allah) ou bientôt si j’ai besoins de « respirer ».

La ville :
Cairo, aux senteurs de gaz d’échappements et de fumée de chicha, entre chaos, désordre et normalité en fait… Une pollution hallucinante, qui me semble pire qu’à Caracas (ou le plein d’essence est à un euro et ou il fait 30 degrés). Bref, un nuage d’échappement, des yeux qui piquent, les naseaux tout noir et une peau résolument crade, des fringues blanches qui virent au gris en une journée..
Les voitures roulent comme des fous (à préciser qu’en Egypte, y’a pas de sens pour doubler, à gauche, à droite, comme ça t’arranges), vite et zig zag… Traverser la route relève du défi… Les gens travers à « l’arrache » n’importe quand, n’importe où, c’est très dangereux… Le seul moyen pour passer, c’est d’y croire et d’avancer sur de toi entre les voitures… J’ai fini par comprendre que dans les croisements importants, des policiers gèrent le trafique à coup de sifflé… Beaucoup plus sur.. Mais parfois, une route indiqué normalement dans ton vieux routard est en fait un genre d’axe principal, moitié autoroute, moitié souterrain…. Là t’hallucine… Comment tu vas faire pour traverser ? A gauche, à droite, pas de flics, juste des voitures à perte de vues, des coups de klaxons toutes les 2 secondes et une population qui grouille et se déplace comme elle peu…. Une anarchie totale… Comme si tu fermais presque les yeux et louchais : le paysage d’ensemble ressemble à un va et viens de masses… un flux, entre déplacement et immobilisme… (je sais pas si vous suivez, mais j’imagine très bien)… Bref Je me suis retrouvé dans une situation comme ça, à passer sous un pont aérien, bourré de voitures embouteillées et de piétons à l’arrache… Chelou et gloquissime… Mais pourtant un chemin normal et en plein centre de la ville.

Le bruit et l’odeur comme disait Chirac (moi, je ne fais allusion qu’à la ville)… Ben au Caire, c’est à péter un câble je pense à long terme et à mourir d’un cancer bien plus tôt que la normale…
Le bruit donc, entre klaxons (en Egypte tu klaxonne pour dire qu’ tu passe), vendeurs de rues ou de rien qui crient, les how are you et what’s you’re name ? et bien sur l’appel du muslim pour la prière… Des dizaines de mosquées en même temps, ça, c’est magique…

La ville te donne presque l’impression que le temps s’est arrêter tant les prestigieuses façades sont grises et recouverte d’une épaisse couche de pollution. Des bâtiments magnifiques, une architecture très fine et de nombreux détails sur les façades… Frontons, colonnes, corniches, moucharabiés, de tous les styles… Antiques, colonial, haussmanniens (ou presque)… Du bois, de la pierre de taille, des fresques et du béton aussi… Ruines et nouveaux centres commerciaux se marie très bien… Des axes gigantesques ou les façades de magasins sont partout et ou le trafic routier est roi et de toutes petites rues ou de nombreuses échoppent, vendeur de thé à l’arrache, café à chichas, réparateur, cordonnier, coiffeurs, etc….

Les façades des immeubles magnifiques semblent te raconter que la belle et grande époque du Caire et des pachas est révolue. Seules les rues portent encore leurs noms… Comme si tout tombait en ruine et rien n’était entretenu… Le gris sur les façades jaunes t’invente des couleurs mais toujours comme une patine, grasse et poisseuse ou tu peu enlever des couches et des couches… En remettre aussi.

Si tu regarde plus haut, ou si t’as la chance de voir les toits, c’est un autre paysage… L’habitat du pauvre, voir très pauvre… Sur les toits du Caire grouille une autre population, souvent d’origine paysanne, elle s’est construit des baraques en tôle et en bois, parfois en terre ou brique… « Los techos de carton » comme chantait dans les années 1970 le révolutionnaire Venezolano Ali Primera. Je crois qu’à l’origine, les toits habitaient les concierges des immeubles… Au fur et à mesure, un autre « marché de l’immobilier » s’est développé épousant le traditionnel regroupement familial Egyptien. Une précarité très impressionnante.. Des hommes et des bêtes vivent « presque » comme au village sur ces toits, entre les paraboles et les bouts de plastiques sur les toits des baraques pour éviter que tout s’envole… Les voila peu être ces fameux « bidonvilles » que l’on dit quasi inexistant en Egypte.

Mon trip :
Ceci étant, ces 2 jours ½ au Caire furent bizarrement reposant malgré le bordel ambiant et avant tout studieux. J’ai quand même eu le temps de manger un kochery (plat populaire : pates, lentilles, sauce tomate et poix chiche) qui m’a rendu malade (merci le guide du routard, ils n’ont pas du le tester celui la non plus, comme les 3 petites plages d’amoureux qu’on à cherché pendant des heures au Venezuela sous un soleil de plomb et ou on à faillit mourir déshydraté, te souviens tu frederico… Impression de déjà vu).. J’ai eu aussi le temps de manger des sandwichs fallafels (tamaya) et purée d’aubergine (babaranuk) douteux… (D’habitude j’en raffole). Encore merci le routard… Boire un thé dans la rue : en fait t’as juste des chaises plastiques sur un trottoir, ok, je le referais plus, d’où viens l’eau même bouillit ? et les gens te mattes grave du genre mais qu’est ce qu’elle fout la, c’est pas sa place… Mais les mecs du « café » étaient sympa, j’ai même pu fumer une clope (car ici, peu de femmes fument dans la rue ou vont dans les cafés, mais bon je suis étrangère, ça se voit… D’habitude je ne fume pas… Au pire, on te jette des regards, c’est pas non plus l’Iran)

J’ai rencontré une petite française bien sympa qui fait un trip moyen orient de quelques mois (Liban, Syrie, Jordanie, Egypte et après peut être Israël et Iran, le dernier faut se couvrir) seule, sac à dos et autobus, avec qui j’ai partagé l’hôtel, un peu de discussion politique (ça lui manquait car c’est vrai que par ici, contrairement aux latinos, c’est un sujet qu’on aborde peu… On parle d’avantage de religion, ou alors d’Israël et usa) et un bon resto (50 fr au total), sans mal au bide, plaisir des papilles (spécialités libanaiso- turco-egyptiennes, kebbeh, chaussons d’épinard et taboulé) et même une bière en prime… Le grand luxe…

Bref, ma chère Tiphaine, vivement que tu viennes que l’on se « perde » dans les souks… J’ai une bonne adresse d’hôtel, propre de style ancien pas cher du tout (50 fr la nuit ch simple et 80 fr la double) et sympa... On y croise des touristes et ça sonne du coup comme des vacances… Se débrouiller aussi, en arabe, ça fait du bien et j’ai bien progressé… Je sais lire les chiffres en arabe maintenant et je me débrouille pour ce qui est des nombres composés, c’est pas facile.

Désolé, pas de photos ni croquis, je n’avais pas prévu… Plus jamais sans mes aquarelles, mes crayons et mon appareil…Promis… Je vous embrasse tous et inch allah, à très bientôt..

Biroun , Biran ou Pérou (un de mes nouveau nom Egyptien, je sais pas, ça se ressemble peut être)