février 08, 2008

Epa el raguil

Salam aleikoum « mi gente » (bonjours mes gens), ou Epa el raguil (Ehhh man)!!!
(J’aime beaucoup le mix, arabo espagnol populo…)

Y’à des jours comme ça, ou il ne se passe pas grand choses… En fait, j’ai l’impression que c’est très fréquent à Ismailia… Bon, c’est juste un rythme différent qui me paraît si lent, si lent… Bref, deux jours passés à l’office sans pouvoir mettre le pied à El Hallus car mon pote Abdallah (il sait dire mon pote Béran), traducteur et aussi bodyguard à « du travail » ou du moins potentiellement du travail… Je bosse qu’en même, sur plans et questionnement au responsables du projet sur le fonctionnement et pleins de détails que je n’avais pas compris. J’en ai également profité pour traduire des rapports sociaux en arabe (revenus, nbres de personnes dans la famille, équipements…). Ce ne sont donc pas des jours perdus, au contraire, mais je suis vraiment heureuse de l’arrivée prochaine de l’amie Tiphaine pour changer le rythme ambiant des journées, et passer à une autre phase de recherche, de production.
Allez, j’en profite pour raconter un peu ces gens, ce projet, l’occupation des uns et des autres, et toutes ces choses auxquelles il faut s’acclimater, accepté pour comprendre au final.
UN HABITAT écrit partout, sur chaque porte de l’office. Les rencontres au Caire, les personnes reçus dans les bureaux de la chef, cravate, costumes et how are you ??? Mais pas que cela. Les habitants parfois, pour une requête, demander de l’aide…Je me rends compte que la chef qui à des tonnes de relations hauts placées et « amis de la bonne classe Egyptienne» vie vraiment dans un autre monde. C’est pour ça d’ailleurs qu’elle est vraiment flippée de tout…

La « flippe ambiante »…
Allez dans le désordre, c’est très drôle mais super oppressant parfois. Elle flippe du gaz quand je me fais un thé, du gaz quand je prends une douche, d’une porte qui resterait coincé parce qu’elle à un problème, du fait que je suis peu être morte car je dors un peu plus tard (ahhh, c’est le week end, et je n’ai rien de spécial à faire) elle me réveille du coup… Au fur et à mesure je lui ai parlé de Caracas, du Venezuela, des flics, des voyages et du travail dans le barrios. De la vie du barrios et de nos quartiers populaires français, de notre quartier, château rouge et goutte d’or… De la vrai vie d’une fille de 26 ans (qui n’en à pas 14) qui se débrouille dans la vie, sans être folle ni inconsciente, mais qui sait prendre un taxi, se faire griller du pain et qui n’a pas peur de cette Egypte si tranquille et vraiment sure… Je l’ai fait flippée avec mes histoires et prendre conscience que ça va, moi je ne suis pas flippée ici. C’était un peu fait pour… Ca l’a beaucoup intéressée aussi, la condition des « slums » comme ils disent (bidonvilles) en Amérique du Sud, la précarité en France, les gens dans la rue, les squatteurs sans papiers de notre rue, les gens de l’est et leurs toits de fortune sur Paris, les tentes sur le canal de l’Ourcq et les politiques aussi... Et « notre » Sarkossssssii.
Un détail vraiment drôle de « sa flippe ambiante » m’a quasiment fait explosée de rire, j’ai vraiment faillit ne pas pouvoir me retenir… Sur le canal Français, à l’heure de la météo, je lui montre ou est mon île et là, elle prend conscience et me dit « oh, but it’s very dangerous, there are watter around… Very very dangerous… » Là, je me suis dis qu’c’était un gag…
Enfin, je peu comprendre. Quand ton chauffeur t’emmène à droite et gauche, du point A au point B, que le monde dans le quel tu vis (je ne parle pas du travail) est bien loin de la réalité sociale d’une grande partie de ce monde, tu peux finir flippée de tout.

Les gens…
Concernant le travail, il faut dire qu’il y à une forte production d’études et un grand chemin à été parcouru. Tous les « statuts » s’empilent, et chacun joue un rôle différent dans l’équipe. Mais tout passe toujours par la chef, réunions et entretiens, coups de gueule (toujours de sa part, je précise) et coups de fouets (ça doit parfois faire du bien quand même). Elle est hyper active, très engagée, à 400 % et très présente.
Il y’à donc les « sous chefs » spécialistes de l’aspect social et urbains, les dessinateurs architectes, les comptables, les chauffeurs, les gens qui peuvent faire pleins de choses et la plupart du temps rien (car y’à souvent rien à faire) et les gens qui font le thé… Je m’entends évidemment très bien avec tout le monde et ils apprécient beaucoup mes efforts en Arabe. J’ai juste repris un des chauffeurs un jour (en rigolant bien sur) qui commençait à m’appeler Miss Béran (car la chef, ils l’appellent tous miss Habiba)… Je lui suis dis non !!! Moi, c’est Béran… Et Deluc, c’est sans particule…
Je bois mon thé avec les « servants » (comme on peut les appelés ici). J’apprends beaucoup l’arabe avec eux, surtout avec Omm Ahmed (Omm = mère, en Egypte on appelle souvent quelqu’un en disant, c’est la mère d’Ahmed, ou le père d’Ali = Abou Ali)… C’est la « chef » du thé. Je m’assoie avec elle dans leur petit cagibi/cuisine et elle me montre les objets, on se comprend quoi. Au début, ils ont hallucinés de me voir m’assoir là, et puis maintenant, c’est un rituel, je prends un café avec Omm Ahmed chaque matin et je lui dis mes quelques nouveaux mots ou phrases. C’est bien entendu des petits jobs et petits salaires, mais c’est toujours du travail, surtout quand tu n’a pas beaucoup d’éducation. Tout le monde les respectent, les considèrent et les apprécient aussi, c’est donc un bon job pour eux.
Concernant les gens qui font tout et souvent rien, comme mon pote Abdallah, en fait ils attendent que la chef leur donne du travail. Donc ils sont trois ou quatre parfois, toujours présent mais avec très souvent rien à faire. Tant que la chef est au bureau, tout le monde est la. Ils ne font rien et attendent. Si elle reçoit un ami, ils attendent, tard le soir, le week end…. Y’à 2 ordinateurs pour 3 ce qui n’est pas pratique… Un jour, j’ai cru que la fille en face de moi nécessitait un ordi pour faire son taf, mais Abdallah jouait à ses jeux informatiques, je me dis, « p…. il est gonflé le chamo », donc je lui propose mon ordi mais bien sur c’est en Français donc je connais la réponse… C’est à ce moment que j’ai compris qu’en fait, elle n’avait rien à faire, ce n’était pas un problème logistique… Donc elle attend, que le temps tourne, que la chef décide de partir…Ca doit être assez dur psychologiquement parfois, d’attendre et ceux tous les jours. Demain sera pareil et après demain….
Quelle chance d’avoir un travail passionnant, un truc qui te colle au corps, qui te motive à te lever le matin, qui te donne envie d’aller plus loin et qui te dessine un avenir, proche ou lointain. Vraiment ici, ils remercient dieu pour tout, moi je ne sais pas qui je dois remercier, la famille pour sur et ceux en premier, mais une étoile peut être aussi, ou quelque chose qui y ressemble… Pour Abdallah, je dois y méditer… Qui, quoi, pourquoi ??? Bref… Je reviendrais peu être convertit…
Ma salema el sadiq (ca veut dire ami, oui, je sais, c’est bizarre comme traduction…)
Birooounnnnnn