Quelques jours au Caire
FREEDOM…. LIBERTAD…. LIBERTEE….
Quelques jours au Caire, ça fait vraiment du bien… Seule, perdue parfois (pas trop quand même). Un peu de piment dans ce voyage ou tout est toujours planifié, étudié (par les gens qui m’accueil et qui m’étouffe un peu aussi) pour que jamais au grand jamais il n’y est de problèmes….
Bref, quelques jours sans mon « bodyguard » Abdallah, sans le chauffeur, sans les gens qui me préparent le thé tout les jours et sans la chef Habiba qui veut savoir où je suis et si je n’est besoins de rien toutes les 10 minutes… Ils sont tous adorables, mais quel bonheur de m’échapper…
Cairo, ville de fou de plus de 16 millions d’habitants, selon les chiffres, parfois on dit 18 millions… On dit aussi que c’est une des villes les plus denses du monde… Je veux bien le croire.
Je ne suis resté que dans le centre « west el balad » et même pas fait un souk, ou un peu de tourisme.. Objectifs de ces quelques jours, rencontrer une chercheuse française qui à fait sa thèse sur la question des quartiers illégaux du Caire et des politiques Egyptiennes face aux problèmes urbains de ces quartiers ; consulter des thèses et articles (en français) dans un centre de doc qui abrite des chercheurs (je résume vite fait)… Donc le nez dans les bouquins pendant 2 jours et discussion plus qu’intéressante avec cette femme. Bien sur, t’as qu’une envie la bas, c’est de te jeter dans la rue et d’absorber les ondes… Mais ça sera pour une prochaine fois. Avec l’amie Tiphaine je pense (elle arrive le 12 février inch allah) ou bientôt si j’ai besoins de « respirer ».
La ville :
Cairo, aux senteurs de gaz d’échappements et de fumée de chicha, entre chaos, désordre et normalité en fait… Une pollution hallucinante, qui me semble pire qu’à Caracas (ou le plein d’essence est à un euro et ou il fait 30 degrés). Bref, un nuage d’échappement, des yeux qui piquent, les naseaux tout noir et une peau résolument crade, des fringues blanches qui virent au gris en une journée..
Les voitures roulent comme des fous (à préciser qu’en Egypte, y’a pas de sens pour doubler, à gauche, à droite, comme ça t’arranges), vite et zig zag… Traverser la route relève du défi… Les gens travers à « l’arrache » n’importe quand, n’importe où, c’est très dangereux… Le seul moyen pour passer, c’est d’y croire et d’avancer sur de toi entre les voitures… J’ai fini par comprendre que dans les croisements importants, des policiers gèrent le trafique à coup de sifflé… Beaucoup plus sur.. Mais parfois, une route indiqué normalement dans ton vieux routard est en fait un genre d’axe principal, moitié autoroute, moitié souterrain…. Là t’hallucine… Comment tu vas faire pour traverser ? A gauche, à droite, pas de flics, juste des voitures à perte de vues, des coups de klaxons toutes les 2 secondes et une population qui grouille et se déplace comme elle peu…. Une anarchie totale… Comme si tu fermais presque les yeux et louchais : le paysage d’ensemble ressemble à un va et viens de masses… un flux, entre déplacement et immobilisme… (je sais pas si vous suivez, mais j’imagine très bien)… Bref Je me suis retrouvé dans une situation comme ça, à passer sous un pont aérien, bourré de voitures embouteillées et de piétons à l’arrache… Chelou et gloquissime… Mais pourtant un chemin normal et en plein centre de la ville.
Le bruit et l’odeur comme disait Chirac (moi, je ne fais allusion qu’à la ville)… Ben au Caire, c’est à péter un câble je pense à long terme et à mourir d’un cancer bien plus tôt que la normale…
Le bruit donc, entre klaxons (en Egypte tu klaxonne pour dire qu’ tu passe), vendeurs de rues ou de rien qui crient, les how are you et what’s you’re name ? et bien sur l’appel du muslim pour la prière… Des dizaines de mosquées en même temps, ça, c’est magique…
La ville te donne presque l’impression que le temps s’est arrêter tant les prestigieuses façades sont grises et recouverte d’une épaisse couche de pollution. Des bâtiments magnifiques, une architecture très fine et de nombreux détails sur les façades… Frontons, colonnes, corniches, moucharabiés, de tous les styles… Antiques, colonial, haussmanniens (ou presque)… Du bois, de la pierre de taille, des fresques et du béton aussi… Ruines et nouveaux centres commerciaux se marie très bien… Des axes gigantesques ou les façades de magasins sont partout et ou le trafic routier est roi et de toutes petites rues ou de nombreuses échoppent, vendeur de thé à l’arrache, café à chichas, réparateur, cordonnier, coiffeurs, etc….
Les façades des immeubles magnifiques semblent te raconter que la belle et grande époque du Caire et des pachas est révolue. Seules les rues portent encore leurs noms… Comme si tout tombait en ruine et rien n’était entretenu… Le gris sur les façades jaunes t’invente des couleurs mais toujours comme une patine, grasse et poisseuse ou tu peu enlever des couches et des couches… En remettre aussi.
Si tu regarde plus haut, ou si t’as la chance de voir les toits, c’est un autre paysage… L’habitat du pauvre, voir très pauvre… Sur les toits du Caire grouille une autre population, souvent d’origine paysanne, elle s’est construit des baraques en tôle et en bois, parfois en terre ou brique… « Los techos de carton » comme chantait dans les années 1970 le révolutionnaire Venezolano Ali Primera. Je crois qu’à l’origine, les toits habitaient les concierges des immeubles… Au fur et à mesure, un autre « marché de l’immobilier » s’est développé épousant le traditionnel regroupement familial Egyptien. Une précarité très impressionnante.. Des hommes et des bêtes vivent « presque » comme au village sur ces toits, entre les paraboles et les bouts de plastiques sur les toits des baraques pour éviter que tout s’envole… Les voila peu être ces fameux « bidonvilles » que l’on dit quasi inexistant en Egypte.
Mon trip :
Ceci étant, ces 2 jours ½ au Caire furent bizarrement reposant malgré le bordel ambiant et avant tout studieux. J’ai quand même eu le temps de manger un kochery (plat populaire : pates, lentilles, sauce tomate et poix chiche) qui m’a rendu malade (merci le guide du routard, ils n’ont pas du le tester celui la non plus, comme les 3 petites plages d’amoureux qu’on à cherché pendant des heures au Venezuela sous un soleil de plomb et ou on à faillit mourir déshydraté, te souviens tu frederico… Impression de déjà vu).. J’ai eu aussi le temps de manger des sandwichs fallafels (tamaya) et purée d’aubergine (babaranuk) douteux… (D’habitude j’en raffole). Encore merci le routard… Boire un thé dans la rue : en fait t’as juste des chaises plastiques sur un trottoir, ok, je le referais plus, d’où viens l’eau même bouillit ? et les gens te mattes grave du genre mais qu’est ce qu’elle fout la, c’est pas sa place… Mais les mecs du « café » étaient sympa, j’ai même pu fumer une clope (car ici, peu de femmes fument dans la rue ou vont dans les cafés, mais bon je suis étrangère, ça se voit… D’habitude je ne fume pas… Au pire, on te jette des regards, c’est pas non plus l’Iran)
J’ai rencontré une petite française bien sympa qui fait un trip moyen orient de quelques mois (Liban, Syrie, Jordanie, Egypte et après peut être Israël et Iran, le dernier faut se couvrir) seule, sac à dos et autobus, avec qui j’ai partagé l’hôtel, un peu de discussion politique (ça lui manquait car c’est vrai que par ici, contrairement aux latinos, c’est un sujet qu’on aborde peu… On parle d’avantage de religion, ou alors d’Israël et usa) et un bon resto (50 fr au total), sans mal au bide, plaisir des papilles (spécialités libanaiso- turco-egyptiennes, kebbeh, chaussons d’épinard et taboulé) et même une bière en prime… Le grand luxe…
Bref, ma chère Tiphaine, vivement que tu viennes que l’on se « perde » dans les souks… J’ai une bonne adresse d’hôtel, propre de style ancien pas cher du tout (50 fr la nuit ch simple et 80 fr la double) et sympa... On y croise des touristes et ça sonne du coup comme des vacances… Se débrouiller aussi, en arabe, ça fait du bien et j’ai bien progressé… Je sais lire les chiffres en arabe maintenant et je me débrouille pour ce qui est des nombres composés, c’est pas facile.
Désolé, pas de photos ni croquis, je n’avais pas prévu… Plus jamais sans mes aquarelles, mes crayons et mon appareil…Promis… Je vous embrasse tous et inch allah, à très bientôt..
Biroun , Biran ou Pérou (un de mes nouveau nom Egyptien, je sais pas, ça se ressemble peut être)


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